1er concours, 1ères rencontres
C'est en 1994, pour clôturer les 24 heures de basket-ball non-stop de l'Union Sportive Valenciennes Orchies que tout commence. Jérémy Medjana, honnête basketteur en Nationale 4 à l'époque, propose à son président Patrick Vanbleu (président de la section masculine de ce même club) d'organiser un concours de smashes en réunissant les meilleurs dunkeurs du Nord-Pas-de-Calais. Le public, nombreux, est aux anges, d'autant plus que c'est un joueur local au nom d'Arnaud TONDEUR qui remporte cette première édition en passant par-dessus son ami et coéquipier Jérémy MEDJANA.
Vu le succès, ce dernier propose à son président de lui allouer un budget plus important tout en lui promettant un concours de meilleur niveau. Pour cela, il lui faut les moyens de dénicher les spécialistes du smash dans un périmètre plus large et surtout dans le vivier parisien. Cette année-là, il note sur ses tablettes les noms du champion de France de smash Omar Mane ainsi que le vice-champion Max-Norbert Genguie alias 'Scottie' qu'il invite lors de cette deuxième édition de 95.
Mais la rencontre la plus marquante est celle avec le rasta-basketteur Kadour Ziani lors des finales nationales du France Basket Tour au Zénith de Paris, auxquelles participe également Jérémy MEDJANA.
Ce championnat de France de 3 contre 3 se déroule par élimination directe, c'est pourquoi lors du premier match qui oppose l'équipe de ZIANI à celle de MEDJANA, il y a d'entrée de jeu des tensions qui faillirent gravement dégénérer. En effet, alors que l'équipe de MEDJANA 'balade' tranquillement l'équipe adverse, ZIANI, vivement agacé à l'approche de l'élimination, ne trouve pas d'autre alternative que d'en venir aux mains. Pendant ce temps, l'équipe de MEDJANA gagne son ticket pour la finale contre Paris, après avoir éliminé tour après tour les équipes de Nancy, Bordeaux et Marseille. C'est lors des temps-morts d'entre-matchs que s'improvise un concours de smashes qui se transforme vite en une démonstration de Kadour ZIANI enchaînant les 360° par-dessus son frère Norddine et les dunks de la ligne des lancers-francs sans mordre d'un poil, et ce sous les yeux ébahis de Kareem ABDUL-JABBAR et de George EDDY.
Malgré les différents qui les opposent, MEDJANA laisse sa ranc½ur de côté en se disant que ce rasta volant serait un vainqueur potentiel de la prochaine édition du concours d'Orchies. Il renoue alors le dialogue avec le clan ZIANI par l'intermédiaire de Djamel ARABI, inséparable ami et coéquipier de Kadour, et propose de l'inviter à son concours, qu'il acceptera par la suite.
Après avoir remporté le tournoi en battant Paris en finale, MEDJANA s'offre par la même occasion une place pour le All Star Game à Pau. Mais ils voyageront bien plus loin puisque grâce à cette victoire, la fédération décide de leur confier la mission de représenter la métropole en Nouvelle-Calédonie. MEDJANA partira donc avec ses coéquipiers (Arnaud TONDEUR, Gustave ROBIN et Fabrice DELCROIX), avec lesquels il évolue également en club à Orchies, sur cette île magnifique. Pendant 18 jours, ils feront la promotion du basket dans les écoles de Nouméa.
Ziani remporte la seconde édition
Après l'accord de Thierry ZIG, valeur montante de la balle orange, le plateau est bien plus relevé que lors du premier concours. Nous voici enfin le 'jour J'. On peut sentir la tension monter tout au long de ce week-end à travers le regard de Jérémy MEDJANA, soucieux de n'oublier aucun détail, puisqu'il a même prévu d'inviter, la veille, les dunkeurs afin de remédier à un éventuel 'loupé de train'. Il leur fait parvenir un plan d'accès de la ville d'Orchies, à mi-chemin entre Lille et Valenciennes, ainsi que le règlement du concours. Nous y sommes à ce concours ! MEDJANA y a travaillé une année durant, ZIANI aussi puisqu'il a loué un bus, pour l'occasion, rempli de 50 supporters déchaînés de son quartier du Vert-Bois à St-Dizier ! Il confirme dès lors qu'il est bien un smasheur à la détente hors du commun ; à chacun de ses smashes, il a la tête dans le cercle. Il remporte donc haut la main ce nouveau concours devant 'Scottie', Thierry ZIG et Omar MANE.
Cette deuxième édition donne l'envie à Jérémy MEDJANA d'organiser en 1996 un championnat de France de smashes et d'aller recruter à travers tout l'hexagone. En effet, après ces deux premiers succès, il ne peut en être autrement, mais la tâche s'avère plus difficile. D'une part, il doit persuader son président de lui donner beaucoup plus de budget, tandis que le président doit lui-même convaincre ses partenaires. D'autre part, il doit proposer des primes attrayantes afin de motiver les meilleurs smasheurs. Ainsi, ils sont triés sur le volet grâce au réseau d'informations que ce premier scout de dunkeurs a tissé ces trois dernières années par le biais de la presse spécialisée basket. A l'époque, Mondial Basket est l'une des meilleures sources d'informations puisqu'à chaque parution, tous les résultats des concours de dunks organisés lors des différents tournois de 3 contre 3, tels que Le Streetball Adidas ou le Blacktop Reebok, y sont recensés.
Le grand concours
Excepté Thierry ZIG et Alain DIGBEU que MEDJANA aurait aimé inviter (bloqués par leurs contrats professionnels respectivement avec Levallois et Villeurbanne), tous les meilleurs dunkeurs de France ont répondu présent. Ainsi que Duke TSHOMBA, un espoir de Charleroi qui vient tout juste d'être sacré champion de Belgique de smash. Pour tous les attirer dans ses mailles, MEDJANA leur propose des primes importantes et les équipe de la tête aux pieds en décrochant un double partenariat avec les équipementiers Reebok et surtout Nike dont l'image est dévastatrice chez les jeunes basketteurs grâce à Michael JORDAN. A moins d'un mois de l'échéance et alors que le plateau de ce championnat de France est fermé à dix dunkeurs, Céline LECHELLE, amie de MEDJANA et joueuse espoir à l'USVO, le persuade d'inscrire un onzième participant au nom d'Abdoulaye BAMBA. Elle l'avait vu remporter le concours de dunks des championnats de France universitaires à Nantes. Cette fois-ci, tous les smasheurs sont conviés au match d'ouverture qui les oppose à une équipe mixte de l'USVO. Pour la petite histoire, sachez que ce jour-là, MEDJANA ne passe pas moins de 30 points aux dunkeurs fous mais aucun de ses paniers ne sera marqué sur dunk!
Venons-en au concours où dès l'échauffement, MEDJANA comprend qu'il tient des spécimens rares puisqu'une séquence intimidation débute, même si certains ne dévoilent pas grand chose. La foule ne peut retenir son émotion et crie un peu plus fort dunk après dunk.
MEDJANA a bien prévu le coup en faisant fabriquer des plaquettes pour le jury afin qu'il puisse attribuer des demis-points et ainsi être plus précis dans la notation. Il prévoit également un ordre de passage selon le niveau de chaque smasheur. C'est pourquoi, avant le début du concours, il décide de replacer Abdoulaye BAMBA dans la hiérarchie de passage. Deux tours sont prévus lors de ce mythique concours et BAMBA dévoile une partie de ses dunks acrobatiques en exécutant un poirier-dunk que personne dans la salle n'aurait pu imaginer exceptée Céline LECHELLE (impatiente de revoir ce qu'elle avait vu quelques semaines auparavant !) et Jérémy MEDJANA.
Qui aurait-pu alors imaginer que Laurent CAZALON, Michaël HADIRI, Nasser SOULE ou encore Scottie n'allait même pas se qualifier pour la finale qui allait regrouper les quatre meilleurs voltigeurs ? Le niveau est tellement élevé ce jour-là que Jérémy MEDJANA affirme que le meilleur concours de dunks de tous les temps a lieu à Orchies et nulle part ailleurs. La qualité, l'incertitude et le dénouement final resteront à jamais gravés dans la mémoire des spectateurs privilégiés ce jour-là. Après une succession de dunks plus impressionnant les uns que les autres, nous voici à l'approche du final juste après que ZIANI (qui avait dû smasher une fois de plus que les autres finalistes pour se départager, étant donné qu'il était quatrième ex-aequo au nombre de points avec Michaël HADIRI et Nasser SOULE), ait smashé en mordant d'une semelle la ligne des lancers-francs.
C'est à cet instant précis que nous assistons à l'avant-dernier dunk : SALOMON nous sort un moulin à vent, dont il a le secret, par-dessus deux bancs posés l'un au dessus de l'autre, avec Nasser SOULE en obstacle humain.
La révélation Bamba
Nous sommes en finale du concours. La tempête s'abbat sur Orchies avec le moulin à vent de 'Big SAM'! Dès lors, tout le monde pense qu'il sera très dur pour BAMBA de faire mieux. C'est mal connaître ce magicien des parquets qui bluffe toute la salle en posant sa balle au sol à deux mètres du cercle... Les spectateurs se demandent alors ce qu'il s'apprête à sortir de son chapeau ! Scénario parfait pour BAMBA qui prend son élan du milieu du terrain. Pendant sa course, on peut parfaitement entendre ses derniers appuis résonner sur le parquet. Tout le monde retient son souffle et la salle est subitement plongée dans un silence totale ! C'est alors qu'il enchaîne une rondade avec récupération du ballon pendant qu'il repousse le sol avec ses mains, puis une reprise d'appuis en quelques millièmes de secondes, envol , suspension dans les airs, demi-tour et finition du dunk main gauche, tout en explosivité ! ! ! Le ballon claque tellement fort dans le cercle que ceux qui y étaient l'entendent encore aujourd'hui : c'est la délivrance ! Suite à un incroyable suspens à la Hitchcock, BAMBA est porté en triomphe par ses adversaires. Le président réclame par la suite que BAMBA récidive son geste, ce qu'il fera, plus fort encore, avec une rondade arrière, la tête dans les nuages, et le public en délire.
La révélation 'Bamba' avec sa rondade-dunk (à la conclusion sur la photo de droite) est sacré roi des smasheurs!
Le public n'en revient pas!
MEDJANA réunit une dernière fois tout ce beau monde dans le rond centrale afin de crier ensemble pour cette victoire de BAMBA et pour la réussite exceptionnelle de ce concours à jamais inoubliable. A la sortie du vestiaire, il regroupe, avec philippe MORIN (représentant Nike France), tous les concurrents afin de leur proposer une invitation à un concours similaire en septembre à Paris pour la venue d'une star NBA.
Effectivement, c'est dans le cadre du Nike Thunder Tour que Mitch RICHMOND débarque à Paris pour un slam dunk contest organisé par MEDJANA au pied de la Tour Eiffel. Le principe est simple, il choisit les quatre meilleurs smasheurs d'Orchies qui sont disponibles et deux smasheurs sélectionnés sur place lors d'un concours préliminaire. C'est là que Jérémy découvre Mohamed TAAMALAH et Gilles TIRILLY qu'Abdoulaye BAMBA ramène dans ses valises. TIRILLY a la particularité d'être le premier smasheur blanc qui peut prétendre participer à ce type de concours et il le démontrera immédiatement. Le principe est quasiment identique à celui d'Orchies sauf que cela se déroule en plein-air et devant un public plus chaud et plus proche. Dans le jury figurent Mitch RICHMOND et l'un des meilleurs joueurs français de la nouvelle génération, Moustapha SONKO.
La star NBA, membre de la Dream Team, affirme, après que les smasheurs défilent sous ses yeux médusés et sous ceux d'un public en feu, que BAMBA, avec son smash, gagnerait le concours de la NBA !
Durant ce concours, MEDJANA revoit un ami, Bouna NDIAYE, basketteur et agent de joueurs, avec qui il a eu l'occasion de jouer lors d'un séjour sur la Côte d'Azur. A la fin de cet événement, ils discutent longuement et décident de se rappeler dès le lendemain. Ils inventent un concept basé sur l'action du smash. Ces deux personnages, devenus depuis quelques temps incontournables dans le milieu du basket, s'associent et créent la société COMSPORT. Ils travaillent plusieurs mois sur ce concept qu'ils baptiseront : 'SLAM NATION'. Naissance de la Slam Nation
C'est le 31 mars 1997 que nos patrouilleurs fraîchement nommés pour constituer une troupe d'élite répondant au nom de ' Slam Nation ' débarquent à Tourcoing pour un baptême de l'air. ' La Slam Nation est née dans cette ville ' reconnaîtront plus tard Jérémy MEDJANA et Bouna N'DIAYE. C'est en replantant le décor que nous allons nous efforcer d'expliquer l'atmosphère dans laquelle s'est faite l'émergence de cette équipe de choc. A l'origine de ce concept tout nouveau, Jérémy et Bouna décident de proclamer une trêve entre tous les dunkeurs. Ils abandonnent les plaquettes de notation pour unir ces planeurs des temps modernes. Désormais, ce potentiel extraordinaire n'agira plus pour se défier mais pour conquérir ensemble le ciel et pour défendre une cause semblable : la Slam Nation. La première bataille va avoir lieu et c'est à Abdoulaye BAMBA, Kadour ZIANI, Michael HADIRI, Nasser SOULE, Gilles TIRILLY et Salomon SAMI qu'il importera de défendre fièrement la bannière de la Slam Nation et ce dans l'unique but de faire flotter hors des frontières l'étendard de ce collectif. Cette fois-ci, les smasheurs ont carte blanche. Fini le stress d'avant-concours, la peur de rater sans pouvoir avoir la chance de se récupérer, fini la compétition, les restrictions et les notations. Quel relâchement pour ces garçons de savoir qu'ils peuvent tenter se qu'ils veulent comme s'il s'agissait d'un entraînement sans conséquences en cas d'échec. La liberté d'expression leur est offerte et ils ne vont pas s'en plaindre bien au contraire. Ils abordent cet événement sans appréhension, soucieux uniquement d'être à la hauteur des espoirs fondés en eux par Jérémy et Bouna. Ils se montrent solidaires, naturels et communiquent leur enthousiasme à ce jeune public des quartiers de la métropole Lilloise.
L'événement pour lequel la troupe se déplace n'est autre que le tournoi international espoirs de la jeune garde de Tourcoing. En effet pour l'occasion on attend les mythiques ' gauchos de New York ', ceux là même qui ont révélés les talents de la NBA à l'image de Stephon Marbury ou de Felipe Lopez déjà présent à Tourcoing lors des éditions précédentes. Lors de l'arrivée de la Slam Nation le vendredi, ils sont attendus par les jeunes basketteurs des quartiers du nord de la France, impatients de recevoir les membres de la Slam Nation pour leur premier fait d'armes. Effectivement, tous ces jeunes basketteurs des quartiers sensibles de la métropole savaient que pas très loin d'ici s'était déroulé un concours de dunk extraordinaire, jamais vu dans l'histoire du dunk. Ils étaient impatients que cette domination américaine mondiale du dunk prenne fin. On les imagine combler de bonheur que cela se passe chez eux ! Tout le monde l'avait entendu de la sorte, la Slam Nation s'est formée sous la promesse de dominer le dunk au niveau mondial.
Il s'agissait donc d'un réel test pour ses dunkeurs . Ils allaient être confrontés aux regards d'une nation alors considérée comme maître en la matière. La Slam Nation qui rêve de monter sur les plus hautes marches de la hiérarchie du dunk espère que ce show se traduise en quelque sorte par une passation de pouvoir entre les deux continents. Sachez pour l'anecdote que les jeunes déjà avertis quant aux prouesses des dunkeurs n'ont pas trouver mieux à faire que d'aller ' chambrer ' les stars américaines durant la semaine en leur racontant ce dont BAMBA et ZIANI étaient capables de faire. Comme pour les prévenir que dorénavant les maîtres des airs n'étaient plus aux Etats Unis mais belle et bien en France et pour la première à Tourcoing ! Ceci ne manquait pas d'agacer les ' gauchos 'qui émettait de plus en plus de doute quant à la véracité des propos rapportés.
br> C'est pourquoi dès la venue de la Slam Nation, on pouvait voir les stars américaines qui s'étaient réunis ici et là dans les tribunes afin d'assister aux différentes rencontres du tournoi. On pouvait sentir un certain malaise à travers quelques échanges de regards. Ils faut dire que les jeunes prenaient un malin plaisir à mimer en même tant qu'ils racontaient les exploits auxquels ils avaient été témoins à Orchies. Aussi les américains se faisant de plus en plus curieux, une rencontre s'établissait alors et c'est à cet instant que les questions fusèrent les unes après les autres. Ils allaient même jusqu'à demander s'ils pouvaient assister à la répétition comme pour en finir et voir cette rondade tant décriée notamment et si ce dunk des lancers- francs du soit disant lutin ZIANI était fondé!!Au sortir de la dite répétition, c'est admiratifs qu'ils rejoignent l'hôtel en compagnie de la Slam Nation logée à la même enseigne pour l'occasion . En effet, cet entraînement eu des allures de Slam dunk contest et on y vit même ZIANI s'essayant à la rondade avec succès. Le lendemain, nos ' gauchos ' se regroupèrent sur le bord de la touche munis tous de leurs caméscopes pour immortaliser les prouesses de nos fous volants lors de la toute première représentation de la Slam Nation.
Gilles TIRILLY, le seul blanc de la bande que l'on voit à de multiples reprises, suivi des jeux de lumière, dunker au-dessus de quatre ' cobayes ' et ce de tous les côtés. Mickaël HADIRI est pour ainsi dire un surdoué de la balle orange, à seulement 17 ans l'espoir d'Evreux nous régale avec ses moulins à vent en volant par dessus plusieurs personnes.
Ils rivalisent d'originalité à coup de dunks insensés et devant un public conquis et électrique à l'image des jeunes des cités qui secouent en hurlant leur joie dans une salle bondée de 3500 spectateurs. On imagine mal être à la place du cercle, de le voir trembler sous les coups de massue d'un Nasser SOULE doté d'une puissance surprenante. Ces six smasheurs incroyables sont les pionniers de la Slam Nation ! ! !
Prochainement la suite des aventures de la Slam Nation avec le 1er stage de la Slam Nation à Fréjus et les tournés sur les parquets NCAA et NBA...
C'est en 1994, pour clôturer les 24 heures de basket-ball non-stop de l'Union Sportive Valenciennes Orchies que tout commence. Jérémy Medjana, honnête basketteur en Nationale 4 à l'époque, propose à son président Patrick Vanbleu (président de la section masculine de ce même club) d'organiser un concours de smashes en réunissant les meilleurs dunkeurs du Nord-Pas-de-Calais. Le public, nombreux, est aux anges, d'autant plus que c'est un joueur local au nom d'Arnaud TONDEUR qui remporte cette première édition en passant par-dessus son ami et coéquipier Jérémy MEDJANA.
Vu le succès, ce dernier propose à son président de lui allouer un budget plus important tout en lui promettant un concours de meilleur niveau. Pour cela, il lui faut les moyens de dénicher les spécialistes du smash dans un périmètre plus large et surtout dans le vivier parisien. Cette année-là, il note sur ses tablettes les noms du champion de France de smash Omar Mane ainsi que le vice-champion Max-Norbert Genguie alias 'Scottie' qu'il invite lors de cette deuxième édition de 95.
Mais la rencontre la plus marquante est celle avec le rasta-basketteur Kadour Ziani lors des finales nationales du France Basket Tour au Zénith de Paris, auxquelles participe également Jérémy MEDJANA.
Ce championnat de France de 3 contre 3 se déroule par élimination directe, c'est pourquoi lors du premier match qui oppose l'équipe de ZIANI à celle de MEDJANA, il y a d'entrée de jeu des tensions qui faillirent gravement dégénérer. En effet, alors que l'équipe de MEDJANA 'balade' tranquillement l'équipe adverse, ZIANI, vivement agacé à l'approche de l'élimination, ne trouve pas d'autre alternative que d'en venir aux mains. Pendant ce temps, l'équipe de MEDJANA gagne son ticket pour la finale contre Paris, après avoir éliminé tour après tour les équipes de Nancy, Bordeaux et Marseille. C'est lors des temps-morts d'entre-matchs que s'improvise un concours de smashes qui se transforme vite en une démonstration de Kadour ZIANI enchaînant les 360° par-dessus son frère Norddine et les dunks de la ligne des lancers-francs sans mordre d'un poil, et ce sous les yeux ébahis de Kareem ABDUL-JABBAR et de George EDDY.
Malgré les différents qui les opposent, MEDJANA laisse sa ranc½ur de côté en se disant que ce rasta volant serait un vainqueur potentiel de la prochaine édition du concours d'Orchies. Il renoue alors le dialogue avec le clan ZIANI par l'intermédiaire de Djamel ARABI, inséparable ami et coéquipier de Kadour, et propose de l'inviter à son concours, qu'il acceptera par la suite.
Après avoir remporté le tournoi en battant Paris en finale, MEDJANA s'offre par la même occasion une place pour le All Star Game à Pau. Mais ils voyageront bien plus loin puisque grâce à cette victoire, la fédération décide de leur confier la mission de représenter la métropole en Nouvelle-Calédonie. MEDJANA partira donc avec ses coéquipiers (Arnaud TONDEUR, Gustave ROBIN et Fabrice DELCROIX), avec lesquels il évolue également en club à Orchies, sur cette île magnifique. Pendant 18 jours, ils feront la promotion du basket dans les écoles de Nouméa.
Ziani remporte la seconde édition
Après l'accord de Thierry ZIG, valeur montante de la balle orange, le plateau est bien plus relevé que lors du premier concours. Nous voici enfin le 'jour J'. On peut sentir la tension monter tout au long de ce week-end à travers le regard de Jérémy MEDJANA, soucieux de n'oublier aucun détail, puisqu'il a même prévu d'inviter, la veille, les dunkeurs afin de remédier à un éventuel 'loupé de train'. Il leur fait parvenir un plan d'accès de la ville d'Orchies, à mi-chemin entre Lille et Valenciennes, ainsi que le règlement du concours. Nous y sommes à ce concours ! MEDJANA y a travaillé une année durant, ZIANI aussi puisqu'il a loué un bus, pour l'occasion, rempli de 50 supporters déchaînés de son quartier du Vert-Bois à St-Dizier ! Il confirme dès lors qu'il est bien un smasheur à la détente hors du commun ; à chacun de ses smashes, il a la tête dans le cercle. Il remporte donc haut la main ce nouveau concours devant 'Scottie', Thierry ZIG et Omar MANE.
Cette deuxième édition donne l'envie à Jérémy MEDJANA d'organiser en 1996 un championnat de France de smashes et d'aller recruter à travers tout l'hexagone. En effet, après ces deux premiers succès, il ne peut en être autrement, mais la tâche s'avère plus difficile. D'une part, il doit persuader son président de lui donner beaucoup plus de budget, tandis que le président doit lui-même convaincre ses partenaires. D'autre part, il doit proposer des primes attrayantes afin de motiver les meilleurs smasheurs. Ainsi, ils sont triés sur le volet grâce au réseau d'informations que ce premier scout de dunkeurs a tissé ces trois dernières années par le biais de la presse spécialisée basket. A l'époque, Mondial Basket est l'une des meilleures sources d'informations puisqu'à chaque parution, tous les résultats des concours de dunks organisés lors des différents tournois de 3 contre 3, tels que Le Streetball Adidas ou le Blacktop Reebok, y sont recensés.
Le grand concours
Excepté Thierry ZIG et Alain DIGBEU que MEDJANA aurait aimé inviter (bloqués par leurs contrats professionnels respectivement avec Levallois et Villeurbanne), tous les meilleurs dunkeurs de France ont répondu présent. Ainsi que Duke TSHOMBA, un espoir de Charleroi qui vient tout juste d'être sacré champion de Belgique de smash. Pour tous les attirer dans ses mailles, MEDJANA leur propose des primes importantes et les équipe de la tête aux pieds en décrochant un double partenariat avec les équipementiers Reebok et surtout Nike dont l'image est dévastatrice chez les jeunes basketteurs grâce à Michael JORDAN. A moins d'un mois de l'échéance et alors que le plateau de ce championnat de France est fermé à dix dunkeurs, Céline LECHELLE, amie de MEDJANA et joueuse espoir à l'USVO, le persuade d'inscrire un onzième participant au nom d'Abdoulaye BAMBA. Elle l'avait vu remporter le concours de dunks des championnats de France universitaires à Nantes. Cette fois-ci, tous les smasheurs sont conviés au match d'ouverture qui les oppose à une équipe mixte de l'USVO. Pour la petite histoire, sachez que ce jour-là, MEDJANA ne passe pas moins de 30 points aux dunkeurs fous mais aucun de ses paniers ne sera marqué sur dunk!
Venons-en au concours où dès l'échauffement, MEDJANA comprend qu'il tient des spécimens rares puisqu'une séquence intimidation débute, même si certains ne dévoilent pas grand chose. La foule ne peut retenir son émotion et crie un peu plus fort dunk après dunk.
MEDJANA a bien prévu le coup en faisant fabriquer des plaquettes pour le jury afin qu'il puisse attribuer des demis-points et ainsi être plus précis dans la notation. Il prévoit également un ordre de passage selon le niveau de chaque smasheur. C'est pourquoi, avant le début du concours, il décide de replacer Abdoulaye BAMBA dans la hiérarchie de passage. Deux tours sont prévus lors de ce mythique concours et BAMBA dévoile une partie de ses dunks acrobatiques en exécutant un poirier-dunk que personne dans la salle n'aurait pu imaginer exceptée Céline LECHELLE (impatiente de revoir ce qu'elle avait vu quelques semaines auparavant !) et Jérémy MEDJANA.
Qui aurait-pu alors imaginer que Laurent CAZALON, Michaël HADIRI, Nasser SOULE ou encore Scottie n'allait même pas se qualifier pour la finale qui allait regrouper les quatre meilleurs voltigeurs ? Le niveau est tellement élevé ce jour-là que Jérémy MEDJANA affirme que le meilleur concours de dunks de tous les temps a lieu à Orchies et nulle part ailleurs. La qualité, l'incertitude et le dénouement final resteront à jamais gravés dans la mémoire des spectateurs privilégiés ce jour-là. Après une succession de dunks plus impressionnant les uns que les autres, nous voici à l'approche du final juste après que ZIANI (qui avait dû smasher une fois de plus que les autres finalistes pour se départager, étant donné qu'il était quatrième ex-aequo au nombre de points avec Michaël HADIRI et Nasser SOULE), ait smashé en mordant d'une semelle la ligne des lancers-francs.
C'est à cet instant précis que nous assistons à l'avant-dernier dunk : SALOMON nous sort un moulin à vent, dont il a le secret, par-dessus deux bancs posés l'un au dessus de l'autre, avec Nasser SOULE en obstacle humain.
La révélation Bamba
Nous sommes en finale du concours. La tempête s'abbat sur Orchies avec le moulin à vent de 'Big SAM'! Dès lors, tout le monde pense qu'il sera très dur pour BAMBA de faire mieux. C'est mal connaître ce magicien des parquets qui bluffe toute la salle en posant sa balle au sol à deux mètres du cercle... Les spectateurs se demandent alors ce qu'il s'apprête à sortir de son chapeau ! Scénario parfait pour BAMBA qui prend son élan du milieu du terrain. Pendant sa course, on peut parfaitement entendre ses derniers appuis résonner sur le parquet. Tout le monde retient son souffle et la salle est subitement plongée dans un silence totale ! C'est alors qu'il enchaîne une rondade avec récupération du ballon pendant qu'il repousse le sol avec ses mains, puis une reprise d'appuis en quelques millièmes de secondes, envol , suspension dans les airs, demi-tour et finition du dunk main gauche, tout en explosivité ! ! ! Le ballon claque tellement fort dans le cercle que ceux qui y étaient l'entendent encore aujourd'hui : c'est la délivrance ! Suite à un incroyable suspens à la Hitchcock, BAMBA est porté en triomphe par ses adversaires. Le président réclame par la suite que BAMBA récidive son geste, ce qu'il fera, plus fort encore, avec une rondade arrière, la tête dans les nuages, et le public en délire.
La révélation 'Bamba' avec sa rondade-dunk (à la conclusion sur la photo de droite) est sacré roi des smasheurs!
Le public n'en revient pas!
MEDJANA réunit une dernière fois tout ce beau monde dans le rond centrale afin de crier ensemble pour cette victoire de BAMBA et pour la réussite exceptionnelle de ce concours à jamais inoubliable. A la sortie du vestiaire, il regroupe, avec philippe MORIN (représentant Nike France), tous les concurrents afin de leur proposer une invitation à un concours similaire en septembre à Paris pour la venue d'une star NBA.
Effectivement, c'est dans le cadre du Nike Thunder Tour que Mitch RICHMOND débarque à Paris pour un slam dunk contest organisé par MEDJANA au pied de la Tour Eiffel. Le principe est simple, il choisit les quatre meilleurs smasheurs d'Orchies qui sont disponibles et deux smasheurs sélectionnés sur place lors d'un concours préliminaire. C'est là que Jérémy découvre Mohamed TAAMALAH et Gilles TIRILLY qu'Abdoulaye BAMBA ramène dans ses valises. TIRILLY a la particularité d'être le premier smasheur blanc qui peut prétendre participer à ce type de concours et il le démontrera immédiatement. Le principe est quasiment identique à celui d'Orchies sauf que cela se déroule en plein-air et devant un public plus chaud et plus proche. Dans le jury figurent Mitch RICHMOND et l'un des meilleurs joueurs français de la nouvelle génération, Moustapha SONKO.
La star NBA, membre de la Dream Team, affirme, après que les smasheurs défilent sous ses yeux médusés et sous ceux d'un public en feu, que BAMBA, avec son smash, gagnerait le concours de la NBA !
Durant ce concours, MEDJANA revoit un ami, Bouna NDIAYE, basketteur et agent de joueurs, avec qui il a eu l'occasion de jouer lors d'un séjour sur la Côte d'Azur. A la fin de cet événement, ils discutent longuement et décident de se rappeler dès le lendemain. Ils inventent un concept basé sur l'action du smash. Ces deux personnages, devenus depuis quelques temps incontournables dans le milieu du basket, s'associent et créent la société COMSPORT. Ils travaillent plusieurs mois sur ce concept qu'ils baptiseront : 'SLAM NATION'. Naissance de la Slam Nation
C'est le 31 mars 1997 que nos patrouilleurs fraîchement nommés pour constituer une troupe d'élite répondant au nom de ' Slam Nation ' débarquent à Tourcoing pour un baptême de l'air. ' La Slam Nation est née dans cette ville ' reconnaîtront plus tard Jérémy MEDJANA et Bouna N'DIAYE. C'est en replantant le décor que nous allons nous efforcer d'expliquer l'atmosphère dans laquelle s'est faite l'émergence de cette équipe de choc. A l'origine de ce concept tout nouveau, Jérémy et Bouna décident de proclamer une trêve entre tous les dunkeurs. Ils abandonnent les plaquettes de notation pour unir ces planeurs des temps modernes. Désormais, ce potentiel extraordinaire n'agira plus pour se défier mais pour conquérir ensemble le ciel et pour défendre une cause semblable : la Slam Nation. La première bataille va avoir lieu et c'est à Abdoulaye BAMBA, Kadour ZIANI, Michael HADIRI, Nasser SOULE, Gilles TIRILLY et Salomon SAMI qu'il importera de défendre fièrement la bannière de la Slam Nation et ce dans l'unique but de faire flotter hors des frontières l'étendard de ce collectif. Cette fois-ci, les smasheurs ont carte blanche. Fini le stress d'avant-concours, la peur de rater sans pouvoir avoir la chance de se récupérer, fini la compétition, les restrictions et les notations. Quel relâchement pour ces garçons de savoir qu'ils peuvent tenter se qu'ils veulent comme s'il s'agissait d'un entraînement sans conséquences en cas d'échec. La liberté d'expression leur est offerte et ils ne vont pas s'en plaindre bien au contraire. Ils abordent cet événement sans appréhension, soucieux uniquement d'être à la hauteur des espoirs fondés en eux par Jérémy et Bouna. Ils se montrent solidaires, naturels et communiquent leur enthousiasme à ce jeune public des quartiers de la métropole Lilloise.
L'événement pour lequel la troupe se déplace n'est autre que le tournoi international espoirs de la jeune garde de Tourcoing. En effet pour l'occasion on attend les mythiques ' gauchos de New York ', ceux là même qui ont révélés les talents de la NBA à l'image de Stephon Marbury ou de Felipe Lopez déjà présent à Tourcoing lors des éditions précédentes. Lors de l'arrivée de la Slam Nation le vendredi, ils sont attendus par les jeunes basketteurs des quartiers du nord de la France, impatients de recevoir les membres de la Slam Nation pour leur premier fait d'armes. Effectivement, tous ces jeunes basketteurs des quartiers sensibles de la métropole savaient que pas très loin d'ici s'était déroulé un concours de dunk extraordinaire, jamais vu dans l'histoire du dunk. Ils étaient impatients que cette domination américaine mondiale du dunk prenne fin. On les imagine combler de bonheur que cela se passe chez eux ! Tout le monde l'avait entendu de la sorte, la Slam Nation s'est formée sous la promesse de dominer le dunk au niveau mondial.
Il s'agissait donc d'un réel test pour ses dunkeurs . Ils allaient être confrontés aux regards d'une nation alors considérée comme maître en la matière. La Slam Nation qui rêve de monter sur les plus hautes marches de la hiérarchie du dunk espère que ce show se traduise en quelque sorte par une passation de pouvoir entre les deux continents. Sachez pour l'anecdote que les jeunes déjà avertis quant aux prouesses des dunkeurs n'ont pas trouver mieux à faire que d'aller ' chambrer ' les stars américaines durant la semaine en leur racontant ce dont BAMBA et ZIANI étaient capables de faire. Comme pour les prévenir que dorénavant les maîtres des airs n'étaient plus aux Etats Unis mais belle et bien en France et pour la première à Tourcoing ! Ceci ne manquait pas d'agacer les ' gauchos 'qui émettait de plus en plus de doute quant à la véracité des propos rapportés.
br> C'est pourquoi dès la venue de la Slam Nation, on pouvait voir les stars américaines qui s'étaient réunis ici et là dans les tribunes afin d'assister aux différentes rencontres du tournoi. On pouvait sentir un certain malaise à travers quelques échanges de regards. Ils faut dire que les jeunes prenaient un malin plaisir à mimer en même tant qu'ils racontaient les exploits auxquels ils avaient été témoins à Orchies. Aussi les américains se faisant de plus en plus curieux, une rencontre s'établissait alors et c'est à cet instant que les questions fusèrent les unes après les autres. Ils allaient même jusqu'à demander s'ils pouvaient assister à la répétition comme pour en finir et voir cette rondade tant décriée notamment et si ce dunk des lancers- francs du soit disant lutin ZIANI était fondé!!Au sortir de la dite répétition, c'est admiratifs qu'ils rejoignent l'hôtel en compagnie de la Slam Nation logée à la même enseigne pour l'occasion . En effet, cet entraînement eu des allures de Slam dunk contest et on y vit même ZIANI s'essayant à la rondade avec succès. Le lendemain, nos ' gauchos ' se regroupèrent sur le bord de la touche munis tous de leurs caméscopes pour immortaliser les prouesses de nos fous volants lors de la toute première représentation de la Slam Nation.
Gilles TIRILLY, le seul blanc de la bande que l'on voit à de multiples reprises, suivi des jeux de lumière, dunker au-dessus de quatre ' cobayes ' et ce de tous les côtés. Mickaël HADIRI est pour ainsi dire un surdoué de la balle orange, à seulement 17 ans l'espoir d'Evreux nous régale avec ses moulins à vent en volant par dessus plusieurs personnes.
Ils rivalisent d'originalité à coup de dunks insensés et devant un public conquis et électrique à l'image des jeunes des cités qui secouent en hurlant leur joie dans une salle bondée de 3500 spectateurs. On imagine mal être à la place du cercle, de le voir trembler sous les coups de massue d'un Nasser SOULE doté d'une puissance surprenante. Ces six smasheurs incroyables sont les pionniers de la Slam Nation ! ! !
Prochainement la suite des aventures de la Slam Nation avec le 1er stage de la Slam Nation à Fréjus et les tournés sur les parquets NCAA et NBA...

